Mes premières aides (AVS, AD)

 

Découverte (2010 – 2011)

Je suis dans le Nord-Ouest de la France.

J’occupe un logement sur deux étage, un duplex diront certains, un taudis diront d’autres.

Mon état de santé s’aggravant inexorablement dans le temps, il est aujourd’hui nécessaire d’être aidé dans la gestion de mon autonomie.

Faire seul ses courses alimentaires est devenu impossible. D’autant que dans une petite commune de campagne comme celle où je suis, aucun magasin alimentaire n’est accessible facilement.

Ma dignité ne suffit plus à faire face.

Le département m’octroie une aide devenue nécessaire, la « PCH ». La prestation de compensation du handicap (PCH) est une aide financière versée par le département. Elle est destinée à rembourser les dépenses liées à votre perte d’autonomie. Son attribution dépend de votre degré d’autonomie, de votre âge, de vos ressources et de votre résidence.

Trois heures deux fois par semaine pour accompagnement aux courses, aide à la préparation des repas, entretien du linge et du logement.

Entrez dans le monde des services d’aides à la personne.

Première aide à domicile

J’entre donc en contact avec un Service d’Aide à Domicilel de ma région, l’AL*S.

Michelle B. sera une des premières aides à domicile et la principale à intervenir pour moi entre 2010 et 2011. Je m’entend plutôt bien avec elle, tant mieux, c’est toujours ça a ne pas penser.

Je me déplace avec une canne de marche, très difficilement, mais pour aller jusqu’à la voiture et bouger dans un petit magasin d’alimentation je gère. Elle me porte les sacs de courses, qui pour une seule personne ne sont pas très encombrants.

À mon domicile je me met sur le lit, qui depuis un certain temps, ne pouvant plus accéder facilement au premier étage où se trouve ma chambre, à été déplacé au rez-de-chaussée. Ce lit fait maintenant office de lit la nuit, et de canapé le jour.

Je n’arrive pas encore à demander de l’aide pour ce dont j’ai besoin, alors je laisse faire Michelle comme bon lui semble. Elle passe le balai au rez-de-chaussée, range un peu se qu’elle trouve ici et là mais ne s’aventure que très peu au premier étage.

Je n’y pense pas trop, jusqu’à ce que je me mette à réfléchir un peu. Elle monte au premier étage à chacune de ses interventions, deux fois par semaine, pour ce qu’elle dit y faire, “Je vais faire la salle de bain.”

Salle de bain que j’utilise peu, une douche 2 à 3 fois par semaine pour lesquelles je laisse l’endroit aussi propre que je l’ai trouvé en entrant. Pour le minimum vital je me débrouille à l’évier du premier étage.

Michelle monte donc nettoyer cette salle de bain propre de 4m² pendant 15/20 mins deux fois par semaine.

Ça y est, vous avez compris? Je n’ai jamais oser lui en parler afin d’éviter le moindre conflit.

Au premier étage il y a un couloir de moquette pour accéder à deux chambres, je ne suis pas sûr qu’elle y soit déjà entré, ne serait-ce que par curiosité.

Révision

Ce qui m’obligera à revoir mon organisation pourtant sommaire, c’est quand ma kinésithérapeute qui intervient 30 mins deux fois par semaines au moment de la fin de présence de Michelle, me fera un regard appuyé accompagné d’un sourire crispé et gêné en direction d’un endroit visuellement inaccessible pour moi lors de mes soins.

Je me penche et observe. Michelle est adossée à un meuble et observe ses ongles de mains, probablement en se demandant si sa manucure de la veille à été faite correctement. Probablement pas, au vu du temps qu’elle passe à les observer. Le meuble se tiendra à chaque fois en bonne place pendant tout le temps où Michelle voit que ma kiné occupe mon temps.

Je ne dis rien et renvois à ma kiné le sourire crispé et gêné qu’elle m’a adressé précédemment.

Johnsson R

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